UNDA

fr | Unda est une publication collective issue de la résidence (ré)habiter le fleuve.

UNDA, (ré)habiter le fleuve, éd. Aman Iwan, hiver 2018-2019, 210p.
une co-production du collectif mit, Aman Iwan, Adhoc architectes & Vlan paysages.
Publié à 150 exemplaires, ce livre a été déposé gratuitement dans un grand nombre de bibliothèques, centres de recherche et lieux culturels.

en | Unda is a collective book published as a result of the residency (ré)habiter le fleuve.

UNDA, (ré)habiter le fleuve, ed. Aman Iwan, Winter 2018-2019, 210p.
co-created by the collective mit, Aman Iwan, Adhoc architectes & Vlan paysages.
150 copies were published and freely deposited with a large amount of library, research institute and cultural centres.

de | Unda ist die kollektive Veröffentlichung der Residenz (ré)habiter le fleuve.

UNDA, (ré)habiter le fleuve, Verlag Aman Iwan, Winter 2018-2019, 210 Seite.
Ein Zusammenarbeit von: Kollektiv mit, Aman Iwan, Adhoc architectes & Vlan paysages.
Das Buch würde mit einer Auflage von 150 Exemplaren verlegt, und in Bibliotheken, Forschung- und Kulturzentrum hinterlegt.

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Unda interroge la place du récit dans la fabrication de la ville.

Les récits sont au cœur de notre socialité, de ce qui nous lie. Ils précèdent et célèbrent nos alliances, nos proximités et nos distances. Si le pouvoir de réciter, de créer un récit n’est plus depuis longtemps réservé à une élite prescrivant les bons récits, on attend en revanche toujours de ceux qui racontent et qui usent de ces conventions qu’ils situent leurs histoires sur l’échelle de la vérité. Lorsqu’on met sous forme de récit une réalité à venir hors du seul champ de la fiction, on fait appel à sa puissance d’évocation, d’invocation, de convocation d’une réalité.
Depuis cette démocratisation des récits, celui qui heurte est celui qui tente de faire taire, de remplacer d’autres récits, d’imposer une lecture au détriment de toute autre. Or, les récits de ceux qui font les villes aujourd’hui sont ceux des aménageurs de l’urbanisation, et ils sont à visée opérationnelle. Ils déçoivent ou heurtent car l’opération immobilière ou de planification urbaine qu’ils annoncent est souvent en décalage avec les réalités complexes auxquelles ils sont censés se superposer. Ils sont accusés d’une part de déformer, détruire ou faire disparaître ce qui existe, et d’autre part, de vouloir vendre un monde
parfait qui passe rarement l’épreuve de la réalité.
Mais le récit, lui, a-t-il à voir avec la réalité ? Il tend à trouver ou donner un sens aux événements, aux actions, aux réalités vécues, faits et fictions dont le sens pris isolément semble caché. Le récit assemble des choix qui peuvent être en premier lieu disparates : il joue de leur degré de proximité et propose un sens de lecture.
Habiter le fleuve ; s’inspirer du milieu de l’eau, c’est prendre entre nous acte d’intérêts communs, qui souvent ne se recoupent pas. Sous des noms tels que milieau ou fleuvitoire , nous cherchons la complexité et la finesse de réalités dont nous savons bien qu’elles ne se réduisent à aucun vocable. Pour que ces suites de paroles aient un sens, on ne peut pas tout confier aux mots. C’est pourquoi ces récits sont des jeux, sérieux, avec les réalités rencontrées.

Certaines de ces réalités sont issues de notre imagination. Toutes émergent d’une expérience bien réelle. Inspirés du milieu de l’eau, les récits d’Unda sont pluriels : plusieurs voix et plusieurs regards qui tentent de s’approcher du vivant du fleuve.
Habiter le fleuve, c’est à la fois accueillir et y être accueilli. On mesure mal la relation profonde entre ceux qui passent et qui ont besoin de ceux qui restent, et ceux qui restent et qui ont besoin de ceux qui passent, partent, arrivent. Quels havres, ports, repères, espaces-autres, le fleuvitoire Unda offre-t-il à ceux qui ne connaissent et ne maîtrisent pas encore les codes de la ville ?
Ces espaces-autres existent puisque nous en avons trouvé les traces.
Unda n’est que la forme du récit pluriel assemblant tous ces lieux. Le fleuvitoire est une représentation de lieux réels, entrecroisés par les récits. Ce passage des récits aux situations et des situations aux récits se fait en sautant de temps en temps la case vérité. Nous faisons correspondre des endroits que la réalité physique sépare. Les lieux existent tous déjà, tout est vrai, tout est empli de réel : du courant fou du Saint-Laurent aux lumières sur la Loire, des communautés autochtones aux communs qui s’affrontent, des sols vivants aux terres polluées, des archives accessibles aux canalisations enfouies…

Unda tente d’appréhender les proximités et les distances, les appartenances. Quelles relations de voisinage, quelles proximités sont possibles lorsque les limites disparaissent ? Où se rencontrent les riverains ?
La boussole du lecteur pour jauger de l’exactitude des faits sera son intuition et quelques indices glissés ça et là. Qu’il se rassure, nos récits ne tentent ni de convaincre ni de séduire. Ils ne présentent ni réalité passée ni à venir, ne font pas briller un avenir meilleur. Nos récits ont tout juste effleuré des choses existantes, jeté quelques cailloux dans le lit du fleuve. Les ondes de choc se baladent d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Qui pourrait dire ce qu’elles deviendront ?

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